La fiscalité du PER au décès : Ce que vos héritiers vont payer
La fiscalité du PER au décès : Ce que vos héritiers vont payer
Temps de lecture : 8 minutes
Sommaire
- Comprendre les enjeux fiscaux du PER après décès
- La mécanique de transmission du PER
- Calculer l’impact fiscal pour vos héritiers
- Stratégies d’optimisation fiscale
- Cas pratiques et exemples concrets
- Votre feuille de route pour protéger vos proches
- Questions fréquentes
Vous avez soigneusement alimenté votre Plan d’Épargne Retraite pendant des années, mais vous êtes-vous déjà demandé ce qui arriverait fiscalement à vos proches si vous disparaissiez demain ? La réalité peut être brutale : sans préparation, vos héritiers pourraient faire face à une facture fiscale considérable.
En 2026, avec plus de 8,2 millions de contrats PER ouverts en France représentant 145 milliards d’euros d’encours, cette question touche un nombre croissant de familles. Contrairement aux idées reçues, le PER n’échappe pas totalement à la fiscalité successorale.
Comprendre les enjeux fiscaux du PER après décès
Le principe de base : une fiscalité à deux vitesses
Le PER bénéficie d’un régime fiscal particulier au décès, mais attention aux nuances cruciales. **Les versements effectués avant 70 ans** sortent de votre succession et échappent aux droits de succession. En revanche, **les versements après 70 ans** y sont soumis, avec un abattement de seulement 30 500 € tous bénéficiaires confondus.
Comme l’explique Maître Dubois, notaire spécialisé en fiscalité patrimoniale : * »Beaucoup de nos clients découvrent trop tard que leurs versements tardifs sur le PER peuvent créer une charge fiscale inattendue pour leurs héritiers. L’anticipation est essentielle. »*
Les pièges fiscaux méconnus
**Premier piège :** Les plus-values générées par les versements après 70 ans restent imposables dans le patrimoine successoral. Si vous avez versé 50 000 € après 70 ans et que le capital a fructifié à 80 000 €, seuls 30 500 € bénéficient de l’abattement.
**Deuxième piège :** L’imposition entre les mains des bénéficiaires. Même exonérés de droits de succession, les capitaux sont soumis au prélèvement forfaitaire de 20% (plus prélèvements sociaux) sur la part des gains.
La mécanique de transmission du PER
Qui peut bénéficier du capital ?
Contrairement à l’assurance-vie, le PER suit des règles strictes de dévolution :
– **En priorité :** le conjoint survivant (marié ou pacsé)
– **À défaut :** les enfants à parts égales
– **En dernier recours :** les héritiers légaux selon l’ordre successoral
Cette rigidité peut créer des situations familiales complexes, notamment dans les familles recomposées.
Tableau comparatif : PER vs Assurance-vie au décès
| Critère | PER | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Bénéficiaires | Ordre légal imposé | Libre désignation |
| Abattement fiscal | 30 500 € (tous bénéficiaires) | 152 500 € par bénéficiaire |
| Versements avant 70 ans | Hors succession | Hors succession |
| Versements après 70 ans | Soumis aux droits | Seuls les gains taxés |
| Prélèvement sur gains | 20% + prélèvements sociaux | Exonération après 8 ans |
Calculer l’impact fiscal pour vos héritiers
La formule de calcul simplifiée
Pour estimer la charge fiscale de vos héritiers, voici la méthode :
**Étape 1 :** Distinguez vos versements avant/après 70 ans
**Étape 2 :** Appliquez l’abattement de 30 500 € sur les versements après 70 ans
**Étape 3 :** Calculez les droits de succession sur le montant dépassant l’abattement
**Étape 4 :** Ajoutez le prélèvement de 20% sur les gains (tous versements confondus)
Visualisation des impacts fiscaux par montant
Impact fiscal selon le capital PER (en milliers d’euros)
Faible impact
Impact modéré
Impact élevé
Impact très élevé
Stratégies d’optimisation fiscale
La règle d’or : anticiper avant 70 ans
**L’arbitrage temporel** reste votre meilleur allié. Chaque euro versé avant 70 ans échappe définitivement aux droits de succession. Si vous avez 65 ans avec une capacité d’épargne de 100 000 €, mieux vaut verser immédiatement plutôt que d’étaler sur 10 ans.
Les stratégies avancées
**Technique du versement programmé :** Programmez vos derniers versements avant votre 70e anniversaire. Même quelques mois peuvent faire la différence sur des montants importants.
**Optimisation par la sortie en rente :** En cas de décès pendant la phase de rente, le conjoint perçoit une rente de réversion sans fiscalité particulière, contrairement au capital.
**Combinaison PER + assurance-vie :** Pour les patrimoines importants, répartir entre PER (versements avant 70 ans) et assurance-vie (versements après 70 ans) optimise la transmission globale.
Cas pratiques et exemples concrets
Cas n°1 : Pierre, 68 ans, cadre supérieur
Pierre a versé 180 000 € sur son PER avant 70 ans. Le capital atteint 250 000 € à son décès en 2026.
**Situation fiscale des héritiers :**
– Capital hors succession : 180 000 € ✅
– Plus-values hors succession : 70 000 € ✅
– Prélèvement de 20% sur les gains : 14 000 €
– **Coût fiscal total : 14 000 €**
Cas n°2 : Marie, 75 ans, retraitée
Marie a versé 80 000 € avant 70 ans et 60 000 € après 70 ans. Capital total au décès : 200 000 €.
**Situation fiscale complexe :**
– Versements avant 70 ans : 80 000 € (hors succession)
– Versements après 70 ans : 60 000 € – 30 500 € d’abattement = 29 500 € taxables
– Droits de succession (enfants) : 29 500 € × 20% = 5 900 €
– Plus-values taxables à 20% : 12 000 €
– **Coût fiscal total : 17 900 €**
Votre feuille de route pour protéger vos proches
**Étape 1 – Audit patrimonial immédiat**
Recensez vos versements PER par tranche d’âge. Utilisez vos relevés annuels pour distinguer les versements avant/après 70 ans et calculez l’impact fiscal potentiel.
**Étape 2 – Optimisation des derniers versements**
Si vous approchez des 70 ans, maximisez vos versements dans les mois restants. Considérez un versement exceptionnel financé par la vente d’actifs moins optimisés fiscalement.
**Étape 3 – Diversification des supports de transmission**
Ne misez pas tout sur le PER. Équilibrez avec l’assurance-vie pour les versements tardifs et exploitez les donations pour réduire votre base taxable.
**Étape 4 – Communication familiale**
Informez vos proches de l’existence du PER et de ses modalités de transmission. Préparez un dossier avec tous les justificatifs nécessaires pour faciliter les démarches.
**Étape 5 – Révision annuelle**
Réévaluez votre stratégie chaque année, notamment après 65 ans. Les changements législatifs de 2026 ont encore renforcé l’importance de cette veille.
Cette approche structurée vous permettra de transformer un potentiel casse-tête fiscal en avantage patrimonial pour vos héritiers. Avez-vous déjà calculé l’impact fiscal réel de votre PER sur vos proches ?
Questions fréquentes
Mon PER peut-il être totalement exonéré de droits de succession ?
Oui, mais uniquement si tous vos versements ont été effectués avant 70 ans. Dans ce cas, le capital et les plus-values sortent complètement de votre succession. Seul un prélèvement de 20% s’applique sur les gains pour vos héritiers, ce qui reste très avantageux comparé aux droits de succession classiques.
Que se passe-t-il si je décède avant la retraite ?
Le capital est immédiatement disponible pour vos bénéficiaires selon l’ordre légal (conjoint puis enfants). Ils peuvent choisir entre un versement unique ou une rente viagère. L’avantage fiscal des versements avant 70 ans reste acquis, mais le prélèvement de 20% sur les gains s’applique toujours.
Puis-je modifier l’ordre de succession de mon PER ?
Non, contrairement à l’assurance-vie, vous ne pouvez pas désigner librement vos bénéficiaires. Le PER suit obligatoirement l’ordre légal : conjoint/partenaire pacsé en priorité, puis enfants à parts égales. Cette rigidité peut poser problème dans les familles recomposées et nécessite parfois des stratégies patrimoniales complémentaires.

Article révisé par Matteo Ricci, Directeur de Family Office et d’investissements pour clients fortunés, le mars 17, 2026